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Quelle place pour l’innovation dans la Primaire de la Gauche ?

1 – Une étude comparative a été réalisée par un membre du « Collectif Innovation 2017 » sur la base des programmes publiés en ligne par les différents candidats à la Primaire de la Gauche. Cette analyse montre que trois candidats sur sept ne mentionnent pas l’innovation dans leur programme.  

Parmi les 4 candidats qui font une référence explicite au rôle important de l’innovation pour construire la France de demain, seulement deux (MM Peillon et Valls) ont un programme précis de mesures susceptibles de renforcer l’innovation en France. 

C’est pourquoi nous exhortons les candidats de la primaire de gauche à se saisir d’un sujet primordial pour notre avenir, celui de l’innovation dans nos entreprises et notre pays. 

 2 – La Primaire de la Droite avait permis d’engager les premiers débats et de réaliser les premières comparaisons. Les deux mesures phares discutées ont été le « new deal de l’entrepreneur » (proposition de F. Fillon) pour augmenter l’attrait et l’efficacité de l’écosystème français, et « l’organisation de notre recherche » pour la rendre plus apte à intégrer le système européen de recherche (enjeu : 4 Milliards de financement supplémentaires à récupérer – Proposition de B. Le Maire).  

Nous attendons de la primaire de la Gauche l’émergence de nouveaux thèmes et le début de la mise en place d’un consensus sur l’effort national en faveur de l’innovation.  

Télécharger le communiqué de presse en PDF

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A propos du « Collectif Innovation 2017» : Association fondée le 3 octobre 2016. Elle regroupe 19 organismes dédiés à l’innovation qui communiquent en interne et en externe avec plus de 500.000 personnes concernées par l’innovation. Les membres du Collectif ont la conviction que seule l’innovation permettra une sortie de crise, notamment pour l’emploi et l’endettement. C’est pourquoi, ce Collectif entend faire de l’innovation un thème central des élections de 2017.  

Pour y parvenir, le Collectif a mis en place un processus de questions et dialogues : sept questions visant à ouvrir un large débat national ont ainsi été transmises par le Collectif à l’ensemble des candidats déclarés. Ces questions couvrent les thèmes fondamentaux de la politique d’innovation parmi lesquels on retrouve : l’innovation et l’emploi ; la stimulation de l’entrepreneuriat ; le renforcement du financement ; les liens entre formation, recherche et entreprises ou encore les blocages engendrés par le principe de précaution. 

La réponse écrite de chaque candidat aux questions du Collectif sera diffusée dans nos circuits de communication (interne et externe) et suivie d’un dialogue du candidat avec cinquante professionnels de l’innovation. 

Liste des Fondateurs & Partenaires : Association des Conseils en Innovation (ACI), Association des Structures de recherche sous contrat (ASRC), Association Française des Pôles de Compétitivité (AFPC), Association Française pour l’Avancement des Sciences (AFAS), Association Française des Investisseurs pour la Croissance (AFIC), Association des Instituts Carnot, La revue du Financier (Cybel), France Angels, France Clusters, Forum Atena, Forum Européen des Politiques d’Innovation (eFIP), Forum du Futur, France Biotech, Réseau RETIS, CapIntech, la Société d’Encouragement de l’Industrie Nationale, Valeurs Vertes, Croissance Plus et la CGPME.


PRIMAIRES CITOYENNES
PROGRAMME DES CANDIDATS – THEME « INNOVATION »

Première analyse des programmes ou projets dans candidats aux Primaires citoyennes (primaires de la Gauche) selon les informations parues sur les sites cités en sources en fin de ce doc.

Analyse selon les informations disponibles au 9 janvier 2017.

 

1. Jean-Luc BENNAHMIAS

Aucune mention du terme innovation.

Pas de programme vraiment défini, pas de présentation de politique ou de mesures en matière d’innovation.

Quelques lignes sur le « progrès » en citant des innovations mais toujours sans employer explicitement le terme.

Extrait de sa Contribution n°1 : Un nouveau modèle de développement

« Dès demain les voitures rouleront sans conducteur. Dès demain les usines auront des robots pour remplacer le travail humain. Dès demain des imprimantes 3D fabriqueront à façon, depuis les objets de la vie courante jusqu’aux prothèses médicales. Dès demain les sciences et les technologies changeront massivement le visage de notre quotidien.

Ce sera le moment d’un choix de société : utiliser ce progrès scientifique et technique pour enrichir toujours plus ceux qui dominent le monde, comme nous le voyons depuis quelques années, ou partager ce progrès comme c’est la tradition et l’Histoire de la France, héritière de 1789. 

(…)

Toujours plus de chômage, encore plus de précarité, encore plus de chacun pour soi, sous prétexte d’auto-entreprise imposée, le retour au salaire à la pièce, baptisé «Ubérisation».

 

2. François DE RUGY

Dans le projet du candidat, l’innovation est citée dès les premières lignes puisqu’il propose un « projet qui fait le pari de l’innovation ».

Le candidat encourage les acteurs économiques, de l’éducation et de la culture, de la formation professionnelle, à innover. Il exhorte également les acteurs politiques à innover en matière législative. Citant les entreprises, il leur demande de « mobiliser leurs profits – ce n’est pas un mot tabou- pour investir, pour innover, pour engager des virages technologiques » notamment dans le domaine de la transition énergétique.

Cependant, si l’innovation est perçue comme une clé de la réussite future, il n’y a pas de mesures précises et détaillées pour encourager et /ou faciliter cette innovation. L’innovation est envisagée comme un moyen mais pas vraiment comme un secteur économique avec des acteurs spécifiques, des dispositifs dédiés, des politiques publiques, bref avec un écosystème propre.

3. Benoît HAMON

Pas de mention explicite du terme innovation ou de mesures dédiées.

 

4. Arnaud MONTEBOURG

« (…) je crois nécessaire de libérer l’innovation dans notre pays, l’innovation entrepreneuriale, sociétale, technologique, éducative. Parce que je préfère la mettre au pouvoir, plutôt que de la craindre. La vague du changement qui vient d’en bas doit submerger les institutions d’en haut. La force créative venant de la société doit pouvoir forcer la porte de la politique qui aujourd’hui est formatée, claquemurée et tombée dans le formol.

Libérer l’innovation dans la société c’est organiser la libération des Français. (…)

Cette libération des Français c’est donc de donner le pouvoir à des couches nouvelles de la société. »

Une fois l’importance de l’innovation affirmée et réaffirmée, comme un moyen pour atteindre un objectif, là encore pas de vision de l’innovation en tant qu’écosystème propre, en tant qu’activité économique, en tant que filière.

Pas de mesure pour la favoriser, pas de mention aux dispositifs existants.

 

5. Vincent PEILLON

Un programme qui envisage l’innovation comme un thème important au même titre que la recherche, l’éducation ou le numérique : « Je propose de construire ensemble un new deal européen avec un plan d’investissement de 1000 milliards d’euros pour la transition énergétique, le numérique, la recherche, l’innovation, la formation et la jeunesse. Je veux une Europe qui s’impose dans la concurrence internationale, nous protège face au terrorisme et soit à la hauteur pour répondre à la crise migratoire. »

L’innovation semble surtout envisagée sous l’angle de la recherche (fondamentale, et par les laboratoires publics) et ne semble pas directement reliée à la compétitivité, à la création de valeur, à la croissance économique.

Des mesures plus détaillées que chez la majorité de ses concurrents :

– augmentation du budget de la Recherche et des labos via une augmentation du budget de l’ANR : « augmenter de manière continue et significative le budget de l’ANR sur cinq ans, soit 100 millions d’euros par an, et de garantir 70 % de ce budget à la recherche fondamentale, en réaffirmant l’importance de cette dernière pour la société. Il faudra continuer la simplification des appels à projet. »

– « Le crédit d’impôt recherche (CIR) devra aussi être conditionné à l’embauche de jeunes docteurs. »

– L’innovation et son financement intègrerait le portefeuille du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche : « 10 milliards d’euros sont consacrés annuellement à l’innovation, mais la fragmentation des dispositifs, la multiplicité des objectifs et leur instabilité entraînent redondance, perte de visibilité et gaspillage de moyens. Le Commissariat général à l’investissement d’avenir (CGI), qui a géré les Programmes d’investissement d’avenir (PIA) depuis 2011, est devenu un véritable ministère bis, créant de nouvelles structures qui ne s’harmonisent pas toujours avec les objectifs du ministère de l’enseignement supérieur et la recherche. C’est pourquoi je propose la réduction du nombre de dispositifs et la création d’un ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche de plein exercice ayant également en charge l’Innovation et la tutelle jointe du CGI. L’ensemble de ces mesures concernant l’enseignement supérieur et la recherche donnera lieu à une loi de programmation budgétaire qui sera votée dès la première année et dont le montant résultera de ces engagements. Il s’élèvera au moins à un milliard d’euros supplémentaires par an et permettra de répondre aux défis de l’avenir.»

 

6. Sylvia PINEL

Pas de référence explicite (ou même implicite d’ailleurs) à l’innovation.

 

7. Manuel VALLS

L’innovation est envisagée comme une composante économique et non plus seulement comme un moyen permettant d’atteindre des objectifs. Elle est perçue comme un contributeur positif au développement de l’économie, créatrice de valeur et source de compétitivité. « C’est grâce à des politiques industrielles de filière, visant à favoriser l’innovation et la recherche dans des productions d’avenir, que notre économie se développera ».

Un thème dédié dans le programme : « Innover, entreprendre, créer des emplois, préparer l’économie de demain » avec un chapitre « L’Etat au service de l’innovation ».  

« Nous devons désormais assurer à nos entreprises la stabilité, notamment fiscale, dont elles ont besoin et prendre davantage le tournant de la qualité, de l’attractivité, de l’excellence. L’Etat doit être au service de l’innovation, accompagner les grandes transitions (écologique, numérique) en misant sur la recherche. »

Une liste de mesures pour favoriser le développement de l’innovation :  

– Soutien à la recherche privée et simplification des dispositifs CIR et CII existants : « le crédit d’impôt recherche a déjà été amélioré. Nous avons également créé le crédit d’impôt innovation pour les PME. Je souhaite que le recours à ces dispositifs soit simplifié et que les entreprises puissent faire appel à des certificateurs agréés pour l’éligibilité des projets. »

– Encourager le développement des relations entre la recherche publique et la recherche privée, notamment par le renforcement des outils de transfert de technologie

– Réserver une part de la commande publique aux entreprises innovantes et faire émerger au niveau européen un « European Buy Act ».

 

Etude réalisée le 9 janvier 2017, par l’Association des Conseils en Innovation dans le cadre du « Collectif Innovation 2017 ».

Télécharger l’étude au format PDF

Sources :

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