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Comment construire une France innovante pour le long terme ?

De janvier à mai, le COLLECTIF Innovation a interrogé les candidats sur l’innovation, par écrit mais aussi par des auditions. Dans le même temps, deux des animateurs préparaient une « synthèse » de leurs réflexions inspirées par leurs auditions et leurs expériences. Il en résulte une TRIBUNE LIBRE publiée dans une revue « à comité de lecture » qui décrit ce qui selon les auteurs, pourrait permettre de redonner à la France son profil de leader mondial de l’innovation. Comment retrouver cette réalité des années 1890-1910, avec une France qui ouvre alors les portes d’un nouveau monde : du nucléaire jusqu’à l’aviation en passant par l’automobile et le cinéma ? Ouvrons ici le débat !
Numéro 32 de la revue « Entreprendre & innover », Extrait de l’introduction :

Au début du XXe siècle, juste avant la Première Guerre mondiale, la France était pionnière dans les grandes industries innovantes de son temps, comme l’aviation, l’automobile, la photo, le cinéma ou le nucléaire ; et quand elle n’était pas la première, elle était dans le trio de tête, en compétition avec les Etats-Unis, L’Allemagne ou le Royaume-Uni [1].

Depuis vingt ans, l’industrie française a connu un déclin sensible, au contraire de l’Allemagne mais à l’instar de ce qu’on observe au Royaume-Uni, en Italie et en Espagne. De 1995 à 2015, dans l’Union européenne, la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière a ainsi reculé de 19,6 % à 15,9 %, selon une récente étude de l’Insee.[2] En vingt ans (1995-2015), la part de l’industrie dans la valeur ajoutée est passée de 16,2 % à 11,2 % en France, alors qu’elle est restée stable en Allemagne, à 22,8%.

Dans les grands classements internationaux[3], la France apparait rarement dans les vingt premières nations innovantes au monde, tandis que ces mêmes palmarès soulignent la pérennité de l’excellence européenne, plaçant six ou sept pays dans les dix premiers mondiaux, dont certains « petits » états, comme la Suède ou la Suisse, sans oublier Israël, qui est lié à l’Europe par de nombreux accords.

Le recul technologique et économique de la France est visible, mais pas irréversible. Le pays peut retrouver sa fonction d’innovateur et sa place de leader s’il s’engage dans une révolution de son organisation et de sa pensée. Le texte ci-après esquisse le cadre général d’une société française dans laquelle une action publique dynamique permettrait d’engager et d’accompagner une telle révolution. C’est d’abord un plan de travail pour les politiques mais aussi pour la recherche académique qui devra évaluer, vérifier ou corriger un certain nombre d’hypothèses ou d’assertions. C’est enfin une démarche distincte des approches économiques[4], voire d’économie industrielle, qui se focalisent sur des mesures économiques alors que nous centrons nos recommandations sur la volonté de construire une société innovante dans le cadre d’une approche globale, politique, économique, anthropologique et philosophique.

[1] François Caron, Les deux révolutions industrielles du 20e siècle, Paris, Albin Michel,1997.

[2] « L’industrie manufacturière en Europe de 1995 à 2015 », Insee Première N° 1637, paru le 09/03/2017. https://www.insee.fr/fr/statistiques/2654972

[3] Global Innovation Index 2016 (France au 21e rang) et The Global Competitiveness Report 2015–2016, WEF (France au 22e rang)

[4] Tels que Le décrochage industriel, de Elie Cohen et Pierre-Adré Buigues, Paris, Fayard, 2014.

Article signé par Denis Bachelot et Patrice Noailles

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